Le quartier Saint-Paul (1)

 

Entre la place Saint-Paul et la place du Change

 

Avec les quartiers Saint-Jean et Saint-Georges, Saint-Paul forme ce qu’on appelle communément le Vieux-Lyon, un petit territoire resserré entre la rive droite de la Saône et les pentes de la colline de Fourvière. Constitué autour de l’église qui lui a donné son nom, le quartier Saint-Paul s’étend de la place du Change jusqu’au début du quai Pierre-Scize.

Au IXe siècle, une communauté juive s’installe dans le quartier Saint-Paul. Elle y restera jusqu’au début du XVe siècle. Le nom de la rue Juiverie garde le souvenir de cette présence. À partir de 1450, suite à l’instauration des foires, Lyon connaît un essor économique remarquable. Le quartier Saint-Paul va attirer les commerçants et les banquiers. La place du Change devient le centre financier de la France. Des Italiens, Génois, Lucquois, et surtout des Florentins, arrivent à Lyon et se font construire, rue Juiverie et rue Lainerie, de somptueuses demeures.

De riches marchands lyonnais viennent aussi habiter le quartier. On prend goût aux mondanités, aux plaisirs des réceptions, aux arts de la musique, de la poésie et du théâtre. Les rois de France, pour les besoins de leurs guerres en Italie, passent et séjournent à Lyon. On donne de grandes fêtes en leur honneur. Tout cela va s’éteindre à partir des années 1560, avec les guerres de religion qui entraînent une grande instabilité, affectent gravement le commerce et provoquent le départ de la majorité des protestants et des étrangers.

Rue Juiverie


Au XVIIIe siècle, la partie proche du Change, rues Juiverie et Lainerie, va être délaissée par la population aisée qui préfère afficher sa fortune du côté de Bellecour, où elle fait construire ses hôtels particuliers. L’habitat se dégrade, tout le quartier devient insalubre. Cette situation servira d’argument aux grandes transformations de la deuxième moitié du XIXe siècle et jusque dans les années 1930.

De nombreuses maisons anciennes seront détruites, des voies nouvelles créées, mais heureusement, toutes les démolitions prévues ne furent pas réalisées, ce qui nous permet de pouvoir imaginer aujourd’hui ce que fut l’art de construire et de vivre à Lyon, à l’époque de la Renaissance.


Rue Lainerie