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Où était la maison d'Hippolyte Flandrin ?

Où était la maison d'Hippolyte Flandrin ?

Dans un précédent article de la Gazette nous nous demandions où se situait la maison natale d'Hippolyte Flandrin. Grâce au talent de chercheur de nos amis Christian Duchefdelaville et Denis Lang, la question a trouvé sa réponse.

Indice de départ : nous savions qu'Hippolyte Flandrin est né dans une maison de la rue qui porte aujourd'hui son nom, et qui s'est appelée antérieurement rue des Bouchers. Cette rue des Bouchers figure sur un plan des années 1750 conservé aux Archives départementales du Rhône.

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1791-1856 : la famille Flandrin, propriétaire de la maison

La maison faisait partie du couvent des Carmes des Terreaux. Elle était située à l'angle sud de la rue des Bouchers et de la rue des Auges au tracé en angle droit.  Elle a été vendue comme bien national le 21 avril 1791 et acquise par Jean Flandrin bourgeois demeurant rue des Bouchers moyennant la somme de 54 400 livres.

"maison numéro 60 formant l’angle de la rue des Bouchers et de la rue des Auges dite le bas blanc ci-devant possédée par les religieux Carmes des terreaux. Confinée à l’occident par la rue des Bouchers au nord par la rue des Auges, à l’orient par un mur de face sur une cour du claustral des ci-devants Carmes et au midy par un de leurs batiments dit des infirmeries de suite par la maison du sieur Mazuret actuellement Gaétan.

La superficie de cette maison désignée dans le procès verbal proche de 4 661 pieds carrés de roi est d’environ 5 130 pieds . Cette différence résulte que dans la présente vente sont compris tous les appartements dont partie avaient été exceptées par le procès verbal d’estimation.

Elle est composée de caves voutées , une grande cour un passage à porte cochère, retz de chaussée, deux et trois étages au dessus.

Demeure néanmoins exceptée de cette vente la petite cour en partie couverte qui règne entre le bâtiment des infirmeries et les maisons des différents particuliers qui ont leur entrée de leur maison par la rue des Bouchers.

Demeure réservé à la Nation le petit bâtiment dans la cour claustrale des ci-devant Carmes et qui est adossé contre le mur de face donné pour confins coté d’orient . Dans le cas où l’administration ordonnerait ainsi qu’il a été projeté la démolition de ce petit bâtiment pour former à sa place un passage public qui communiqueroit de la rue des Auges dans la grande cour des Carmes l’adjudicataire auroit pour lors la faculté des faire des percées et ouvertures qu’il desiroit à son mur de face coté d’orient."

L’adjudicataire sera tenu de murer toutes les ouvertures des portes qui peuvent exister dans le mur de division entre la maison vendue et celle réservée à la Nation lequel mur est déclaré mitoyen.

Jean Flandrin meurt le 24 mars 1795 laissant pour héritiers ses deux enfants : Jean Baptiste Marie Flandrin et Marguerite Claudine Flandrin. La maison figure sur un plan de 1840 (Archives Municipales de Lyon). Voir ci-dessous, elle est encadrée en rouge. À cette époque, la rue des Bouchers existe toujours, la rue des Auges a été prolongée au sud, avec un bras transversal qui s'appelle Petite rue des Auges.

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En 1854 la maison appartient pour une moitié à Hippolyte et Paul Flandrin et l’autre moitié aux héritiers de Marguerite Claudine Flandrin veuve Martin : Félix Martin, Louis Marie Guillermain, Pauline Duhamel épouse André.

Les héritiers de Mme Martin souhaitent sortir de l’indivision ; aussi le 3 mai 1855 le tribunal ordonne la vente par licitation de la maison avec une mise à prix de 100 000 frs .

Le 9 février 1856 elle est acquise  pour 136 000 frs par Antoine Pourchet.

"Maison située rue des Bouchers numéro 7 et grande rue des Auges numéro 6 . Elle forme trois corps de batiments l’un sur la rue des Bouchers , l’autre sur la grande rue des Auges et le troisième sur la petite rue des Auges . La façade sur la rue des Bouchers est percée au rez de chaussée d’une grande ouverture de magasin, d’une porte d’allée et d’une porte cochère donnant accès au dessus du magasin. La maison a trois étages d’une croisée chacun et au dessus de l’écurie elle a deux étages de trois fenêtres chacun.

La façade sur la petite rue des Auges a rez de chaussée et trois étages le rez de chaussée est percé de trois ouvertures pour portes et de quatre fenêtres . les étages au dessus ont chacun 9 fenêtres . La façade sur la grande rue des Auges a rez de chaussée et trois étages sauf cependant l’extrémité méridionale qui a un étage de plus . Le rez de chaussée est percé de trois ouvertures de magasin , une porte d’allée et deux fenêtres . Les trois étages au dessus ont chacun 8 fenêtres mais la partie supérieure d’un etage n’a qu’une fenêtre.

La maison est desservie par deux portes d’allée donnant accès dans une grande cour intérieure dans laquelle se trouve près de la rue des bouchers une pompe à eau claire . Elle a un bel escalier en pierres avec galerie à chaque étage munie de balustrades en fer pour desservir toutes les parties de la maison . Elle a de bonnes caves voutées et de beaux greniers ; le toit est garni de châssis en fer et de tuyaux de descente pour les eaux pluviales enfin le sol presque de forme rectangulaire a une superficie de 541,32m2 avec pour confins au couchant la rue des Bouchers au nord la petite rue des Auges au levant la grande rue des Auges."

1864 : mort d'Hippolyte Flandrin, son nom est donné à la rue des Bouchers

Le nom d'Hippolyte Flandrin a été donné à la rue des Bouchers le 16 décembre 1864, l'année même de sa mort, par délibération du Conseil municipal de Lyon, alors qu'il n'y habitait plus depuis 1856. Sur la carte ci-dessous, on observe que la rue des Bouchers porte désormais le nom d'Hippolyte Flandrin, et que la Petite rue des Auges est devenue rue de la Martinière.

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plan des lieux postérieur à la mort Hippolyte Flandrin (AML)

Une histoire d'alignenent

Dès 1851 est dressé, par les services de l’architecte de la ville, un « plan d’alignement de la ville de Lyon ». La portion de la rue de la Martinière comprise entre la place de la Martinière et la rue des Auges, doit être portée à 10 m, empiétant sur les immeubles du sud de la rue, les 10 et 7 rue des Bouchers (maison d’Hippolyte Flandrin).

On retrouve ces alignements sur un plan parcellaire de 1868, qui indique les projets de modification du quartier avec un élargissement de la rue de la Martinière. L'ancienne maison d'Hippolyte Flandrin du 7 rue des Bouchers, du 6 rue des Auges mais aussi du 24 rue de la Martinière, y est bien visible. Elle appartient alors à une famille Jasse.

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Projet d'alignement de la rue de la Martinière de 1868 (AML)

Le projet d’élargissement de cette partie de la rue de la Martinière ne verra pas le jour ; en effet, dès 1886, le service de la voierie propose d’élargir la rue de la Martinière, depuis le quai de Saône jusqu’à la place de la Martinière à 16m et de la prolonger en ligne droite jusqu’à la place de la Miséricorde (Tobie Robatel).

Ce projet sera repris par François Clermont pour la transformation du quartier de la Martinière, comme on le voit sur un plan de 1897 (AML).

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Sur ce plan, la maison Jasse, ancienne maison d'Hippolyte Flandrin est toujours présente (cerclée en rouge). On constate que l'alignement va la faire disparaître. On peut situer aujourd'hui où elle se trouvait : pour moitié à l’emplacement de la salle Rameau et pour l’autre partie, sur l'emprise de la nouvelle rue de la Martinière.

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Emplacement de la maison d'Hippolyte Flandrin, aujourd'hui disparue

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