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Jardins du Rosaire : pourquoi portent-il ce nom ?

Jardins du Rosaire : pourquoi portent-il ce nom ?

Vous connaissez les Jardins du Rosaire sur les pentes de la colline de Fourvière. Le site va faire l'objet d'une prochaine rénovation. Mais savez-vous pourquoi ils portent ce nom ?

- En 1848 : pendant la période révolutionnaire, des travaux de terrassement sont entrepris sur la colline de Fourvière.  Un projet de voie en ligne droite qui devait relier la montée des Carmes Déchaussés à la place de l'Antiquaille voit le jour. Première étape de ce projet : la création dans la pente d'une allée rectiligne qui deviendra plus tard le chemin du Rosaire.

- 1853 : création de la commission de Fourvière, dont le but est de racheter les terrains environnant la chapelle de la Vierge, pour empêcher toute construction sur le flanc de la colline.

- 1857 : projet d'un chemin de croix le long de l'allée créée en 1848. 14 croix de bois sont réalisées, mais elles ne sont pas plantées.

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- 1860 : la commission de Fourvière devient propriétaire du clos Roccofort sur lequel se trouve l'allée créée en 1848.

- 1863 : le chemin de croix est réalisé, composé de 14 croix de bois + une croix monumentale en terre cuite, œuvre de Joseph Fabisch. Le projet a été financé par Jean-Gabriel Termier qui fut un temps président de la commission de Fourvière. La commission a l'idée de compléter le chemin de croix par un chemin du Rosaire composé de 15 stations représentant les Mystères de la vie de Marie et du Christ regroupés en trois séries de cinq selon le principe du Rosaire de l'époque. Termier contribue aussi au financement du projet.

- 2 octobre 1864 : inauguration du chemin du Rosaire. Il a son entrée montée Saint-Barthélemy, et grimpe en lacets jusqu'au sommet de la colline. Il est composé de 15 édicules dessinés par Bossan, sculptés par Fabisch, et mis en place par l'architecte Giniez. "Le socle et le fût seuls sont en pierre ; la base, le chapiteau, le couronnement et les figures sont modelés en terre cuite retouchées au ciseau" (Echo de Fourvière, 1864, p. 324).

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source : Les quinze mystères du Rosaire, Joseph Fabisch (1864)
Bibliothèque Municipale de Lyon (fonds ancien-6459)

- 1865 : la commission devient propriétaire du clos de Pauline Jaricot (morte en 1862). Les scènes du Rosaire sont peintes par Chatigny car elles commençaient déjà à ternir.

- 1878 : le chemin de croix de 1863, qui s'était dégradé au fil du temps est remplacé par des stèles en granit. Termier, toujours lui, contribue au financement du projet, mais il décède avant sa réalisation. On ne connaît pas l'auteur de ces stèles : elles ne correspondent pas au style de Fabisch.

Qu'est-il ensuite advenu du chemin du Rosaire et du chemin de Croix ?

- les 15 édicules du Jardin du Rosaire créés par Fabisch se sont dégradés au fil du temps et ont disparu, sans laisser de trace. Ils ont été remplacés dans les années 1950-60 par 150 roses en bronze incrustées dans le sol (réalisation Mme Andrée Philippot-Mathieu). Sauf découverte surprise, il est peu probable qu'on retrouve les édicules de Fabisch, mais il nous en reste des représentations (cf gravure ci-dessus).

- quant aux stèles du chemin de croix, elles ont été vandalisées et finalement démontées en 1995, dans le cadre des travaux préparatoires au centenaire de l'inauguration de la basilique de Fourvière. Entreposées dans les dépendances du cimetière de Loyasse, elles ont été réinstallées sur le parvis de la basilique à une date qui varie selon les sources. Ce point mériterait d'être éclairci.

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Vue sur les stèles du chemin de croix de 1878,
réinstallées sur le parvis de la basilique de Fourvière (©️ Josette Perrin-Frolon)

sources :

Les Jardins du Rosaire, Hier et aujourd'hui, Claudine Collinet, 1995 (BML, fonds régional-K 104437)
- La colline de Fourvière, sa basilique, son parc, ses musées, Elisabeth Hardouin-Fugier, 1996, chez LUGD
- Rôle et fonction de la sculpture religieuse à Lyon de 1850 à 1914, Séverine Penlou, 2008 (thèse de doctorat d'Histoire, Université Lyon 2)
- La Basilique Notre-Dame de Fourvière, son symbolisme, son histoire, Colette Tempère-Vaganay, 2018, Sud Rivages Editions.

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