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ÉGLISE SAINTE-JEANNE D’ARC
QUARTIER DE PARILLY - VÉNISSIEUX
L’association « Viniciacum », fondée en 1997 et engagée dans la défense du patrimoine de Vénissieux, ainsi que l’association « Parce que Parilly », créée en 2004 pour assurer la sauvegarde de l’église Sainte-Jeanne d’Arc et, plus largement, la défense et la mise en valeur du patrimoine architectural des différents quartiers de Vénissieux, se sont tournées vers la SEL afin d’obtenir son soutien.
À partir de la mi-2005, Monsieur Pavy, président, et Monsieur Motte, secrétaire général de l’association, rédigèrent de nombreux courriers adressés à la DRAC, à l’archevêque, au maire de Vénissieux et à d’autres interlocuteurs. Ces démarches visaient à apporter le soutien de la SEL à la demande formulée par l’association « Viniciacum » en vue de l’inscription de l’église Jeanne-d’Arc de Vénissieux-Parilly à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.
Le 1er juin 2006, le préfet signa l’arrêté de classement.
Dans le cadre de la rénovation de l’église Sainte-Jeanne d’Arc de Parilly, l’association Viniciacum conclut une convention avec le diocèse et formula une demande urgente afin d’engager une première tranche de travaux.
Les travaux de restauration de la salle paroissiale et de l’ancien presbytère furent réalisés dans ce cadre.
En 2016, avec l'appui de la fondation du Patrimoine des fonds furent collectés. Ils permirent le traitement des boiseries à savoir le plancher des combles et de la tribune ainsi que la charpente. La couverture en tuiles fut remplacée et un traitement ponctuel des parties les plus délabrées en maçonnerie, ainsi que l’étanchéité furent réalisés.
Situation début 2026 :
L'extérieur a été entièrement rénové, mais il reste toujours l'intérieur à traiter y compris les vitraux qui n'ont pas été restaurés. Récemment, les cloches ont été remises en marche et sécurisées, une nouvelle statue de Jeanne d'Arc a pris place dans l'église et le chemin de croix a été restauré.
Historique :
D’apparence modeste, mais d’un caractère original indéniable, l’édifice présente un intérêt certain en raison de son histoire religieuse et sociale. Il appartient à l’Association diocésaine de Lyon, puisqu’il a été construit après 1905.
Il a été édifié entre 1931 et 1933 dans le quartier ouvrier des usines Berliet. L’architecture, due à Joanny Verger (Mions, 1880 – Vénissieux, 1932), architecte de Vénissieux, se caractérise par sa simplicité et par une ordonnance clairement classique. Elle s’inscrit dans l’esprit Art déco de l’époque, tout en témoignant d’un grand soin apporté aux détails. Ce site demeure d’un très grand intérêt historique, sociologique et artistique pour la compréhension de l’architecture religieuse de l’agglomération lyonnaise durant cette période.
La population nouvellement installée, essentiellement d’origine italienne ou espagnole, souhaitait disposer d’un lieu de culte à proximité de son habitat.
Marius Berliet apporta à cette réalisation un soutien logistique déterminant : il fournit des matériaux et autorisa ses ouvriers à participer à la construction sur leur temps de travail. Les ouvriers de l’usine prirent ainsi une part active à l’édification de l’église. Ils réalisèrent notamment les fondations en mâchefer provenant de la forge de l’usine, ainsi que les boiseries issues des ateliers de menuiserie Berliet-Vénissieux : charpente, plafond lambrissé, autel, chaire, bancs d’église, portes, etc.
Le clocher comprend une cloche datée de 1932 et deux autres fondues en 1952.
L’intérieur dégage une grande impression d’unité. Une travée axiale est couronnée d’un clocher-mur. Par sa conception, l’église présente des similitudes avec le patrimoine industriel, et son architecture s’accorde étroitement à son histoire.
Le chemin de croix est l’œuvre du grand artiste Alexandre Grollet.
Trois verrières historiées y sont représentées. Les vitraux, créés par l’artiste Théodore-Gérard Hanssen (Wonck, Belgique, 1885 – Roanne, 1957), travaillant pour l’atelier du maître verrier Hippolyte Paquier-Sarrasin (Lyon 2e, 1882 – Lyon 3e, 1961), furent posés en 1946. Ils mettent symboliquement sur un même plan la ville de Lyon — avec la basilique de Fourvière — et Vénissieux — avec l’usine Marius Berliet. Chargés d’une forte symbolique ouvrière et religieuse transposée dans l’époque contemporaine à travers les figures de l’usine, ces vitraux représentent des scènes de la vie quotidienne : à droite, l’enfance du Christ ; au centre, la vie active et l’enseignement ; à gauche, la mort et la rédemption, symbolisées par la forge.
Cette histoire singulière marque encore aujourd’hui la relation entre le quartier et l’église.